AE : Salut Corso et Jean Philippe. Pouvez-vous vous présentez ? Est-ce votre première BD ?
Jean Philippe : Je suis le scénariste. J’ai fait pas mal de chose : de l’illustration pour enfants, du mur peint et du graphisme publicitaire. Ma culture est vraiment “Rock, ciné, BD”. Ce que j’aime surtout c’est créer des univers et raconter des histoires. J’ai eu la chance de rencontrer Corso qui a été séduit par l’histoire de Jason Silverstone et qui, par son talent, m’a permis de concrétiser un de mes phantasmes : Réaliser une vraie BD.
Corso : Je suis le dessinateur. Cet album n'est pas a proprement parlé ma première œuvre car j'ai déjà été édité auparavant (illustrations, album collectif, ...) mais c'est l'aventure la plus conséquente dans laquelle je me sois lancé jusqu'à présent. Avant cela j'ai étudié aux Beaux Arts et dans une école privée. Sinon j'adore la BD, le cinéma et les beignets de crevettes.
AE : Quelle est l’histoire de Jason Silverstone en quelques mots ?
Jean Philippe : En quelques mots, glurp ! Alors, je vais essayer d’être concis : La cité d’Urballia est secouée par de terribles attentats. Jason Silverstone, un étrange brocanteur doté d’une sensibilité pour le paranormal mène l’enquête avec l’aide de ses amis Blackspell, Sâdhu et Smul-Tak, une étrange statuette douée de parole. L’enquête se déroule dans 2 univers différents ce qui rend la tâche délicate et le dénouement terriblement incertain…
AE : Ce mélange de fantastique et de science-fiction semble rodé, comment vous distinguez-vous des productions de ce type ?
Jean Philippe : L’histoire de Jason Silverstone est un mélange de genres, c’est un polar fantastique. L’histoire se déroule dans deux univers vraiment différents : Urballia pour son ambiance urbaine et l’Intramundus aux contours plus abstraits. C’est ce va-et-vient entre réalité et monde fantastique qui nous a amusés. Nous avons aussi pas mal misé sur la psychologie des personnages ; leur complexité, leurs dilemmes intérieurs et leurs émotions que nous avons essayé des rendre palpable aux lecteurs. Nos personnages sont des inadaptés en perpétuelle réaction contre le monde qui les entoure.
AE : Jason est l’archétype du héros d’aventure intello, parlez nous de ce personnage.
Jean Philippe : Jason n’est pas, a proprement parlé, un héros. C’est un personnage complexe et secret. Il est poussé à agir par son entourage et par les évènements. Dans quelques scènes, on aperçoit une mystérieuse femme : Krishan, qu’il ne voit que dans ses délires, mais qui est présente en lui à chaque moment de son existence, elle est son moteur, ce qui le rattache à la vie.
Corso : Pour le côté intello de notre antiquaire, c'est de l'imaginaire du scénariste qu’il est issu. Pour ma part j'ai donné corps au personnage avec un visuel assez éloigné de ce que Jeanfi avait imaginé au départ. Mais qui souligne l'aspect cérébral du personnage, tout en mettant un peu plus en avant son côté sombre. Grand, longiligne, un peu émacié et bien sûr des bésicles. Sinon c'est un brave type qui en a trop vu. Du coup il a des faiblesses et n'apparait pas très engageant de prime abord.
AE : Qui sont les autres personnages importants qui gravitent autour du héros ?
Corso : Disons que dans Silverstone, il n'y a pas seulement un héros. C'est un groupe de personnages dont chacun représente un aspect de la psychologie et des talents qu'aurait un Héros avec un grand H. Jason est notre enquêteur féru de paranormal. Blackspell, la voleuse est roublarde et Julien a la loi pour lui. Sadhu représente la sagesse. Et Smul-Tak... je vous laisse découvrir. Bref ni notre personnage principal, ni aucun de ses acolytes d'ailleurs, n'est parfait. Ils ont tous des défauts, des fêlures. Ce sont leurs qualités conjuguées bon gré- mal gré qui les font avancer.
AE : Comment qualifiez-vous cet album, quels en sont les thèmes ?
Corso : Du divertissement, enrobé dans un écrin de polar et de fantastique. Et les thèmes foisonnent: on a travaillé sur les apparences, les actes et leurs conséquences, la relativité des points de vue face au bien et au mal, et bien sûr l’univers urbain.
AE : Comment s’est fait la rencontre avec Ankama Editions ?Corso : Très simplement: Nous avons soumis notre projet a Ankama qui a d'emblée répondu par la positive. L'après-midi même de notre envoi! Tout est allé très vite.
AE : Avez-vous des projets autour de l’univers développé dans cet album ?
Corso : Cette enquête trouve sa conclusion à la fin de l'album. D'ailleurs le format propre à Ankama nous a offert l'opportunité de raconter en un tome ce qui en aurait pris deux dans une BD classique. Mais au sein de récit nous avons volontairement laissé quelques zones d'ombres (le passé de Silverstone, les éléments paranormaux) pour nous permettre de développer cet univers qui nous a tant inspiré selon le succès qu'aura l'album et nos envies futures.
Juin 2008